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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 07:36

 

Après le battage médiatique du mois de mars dernier, il est utile de faire le point sur l'évolution de la position européenne concernant les plantes médicinales.

La situation est-elle aussi alarmante que l'alerte de l'époque le laissait entendre ? Y a-t-il eu depuis une évolution de la position de la Commission Européenne ?

 

Comme les laboratoires font avancer leurs pions à coup de lobbying (c'est comme ça que ça se passe à Bruxelles), les défenseurs de la médecine par les plantes ont aussi créé un site - très bien fait du reste - qui se nomme L'institut pour la protection de la santé naturelle. Celui-ci édite une newsletter. Celle du 1er septembre 2011 expose parfaitement la situation. Nous reprenons donc le texte intégralement :

 

Newsletter Santé Naturelle 1er sept 2011 - page 1Newsletter Santé Naturelle 1er sept 2011 - page 2

 

 

Pour plus de détails sur le sujet, consulter directement le site

Institut pour la protection de la santé naturelle

 

 


 

 


 


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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 18:46

 

Un cas qui vient de m'être signalé illustre les intéressantes propriétés anti-inflammatoires de l'ortie.


Il s'agit d'une petite fille de 2 ans atteinte d'une paralysie cérébrale, au Royaume-Uni. Elle est intolérante à de nombreux aliments - parmi lesquels la plupart des laits maternisés - et doit être nourrie par une sonde nasale.


Les parents désemparés ont finalement trouvé que les symptômes de leur bébé diminuaient fortement en lui donnant de la tisane d'ortie. Ce sont les jeunes feuilles cueillies au printemps qui se sont montrées les plus actives.

 

L'efficacité des orties a nettement diminué avant la floraison, alors que la teneur en acide caféïque aux vertus anti-inflammatoires diminue. Par contre, les racines d'ortie - riches en substances aux propriétés anti-inflammatoires - ont également montré une bonne neutralisation des symptômes d'intolérance digestive.

 

L'ortie montre une fois de plus qu'elle est la bouée de sauvetage des cas désespérés.

 


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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 09:08

 

Un ami vient de nous faire découvrir l'association Ortie, pissenlit et Cie, consacrée à la découverte des plantes sauvages comestibles et médicinales.

Cette association organise des ballades-découvertes dans le bois de Vincennes et en forêt de Fontainebleau, pour le prix raisonnable de 20€ la journée. Les prochaines rencontres auront lieu le dimanche de Pâques 24 avril et le dimanche 1er mai.

Voir leur site web pour toutes précisions link


 

À noter que le magazine NEXUS propose un nouveau DVD de 43 mn intitulé Les plantes comestibles sauvages de Frédéric Garcia, au prix de 10€. Cet outil de connaissance est en vente via leur magazine n° 74 de mai-juin 2011 (descriptif page 124, bon de commande page 128).

 


 


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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 16:06

 

Message important

 

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Regardez vite cette vidéo

et faites passer le message ! http://www.defensemedecinenaturelle.eu/

 

Collectif pour la défense de la médecine naturelle

 

(La pétition est à signer à la fin de la vidéo.)

 

 

À lire aussi le point de vue très intéressant de François Couplan - ethnobotaniste renommé - dans sa Newsletter de mars, en cliquant sur le lien suivant link

 

P.S. Il semble en fait que ce message soit une rumeur infondée. Voir à ce sujet l'article de lanutrition.fr rédigé par une avocate spécialisée dans les droits de la santé en cliquant sur le lien. link (dans les News, en haut à droite dans leur page d'accueil).

 

Le syndicat des simples a également réagi à cette pétition le 17 mars 2011 par l'intermédiaire de Thierry Thévenin (cité dans la vidéo). Voir le lien suivant link

 

Début mai 2011, l'association Avaaz.org y est également allée de sa pétition, réunissant 700 000 signatures en quelques jours.

 


 


 

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 14:50

 

Jusqu'à présent, on trouvait en pharmacie, en magasin de produits bio, par correspondance et sur Internet des médicaments à base de plantes en vente libre sans ordonnance. Ces médicaments étaient accompagnés d'indications thérapeutiques précises fondées sur leur usage en herboristerie. A partir d'avril 2011, ces médicaments devront disposer d'une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) délivrée par l'AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé). Cette décision s'appuie sur la directive européenne N°2004/24/CE prise par le Conseil de l'Union Européenne.

Est-ce à dire que ces remèdes seront purement et simplement interdits s'ils sont dépourvus d'A.M.M. ? Pas exactement.  Ils pourront toujours être commercialisés, à condition de ne pas revendiquer d'action thérapeutique, ou même physiologique.

Les propriétés curatives n'étant plus admises, les termes du vocabulaire médical seront à éviter, en mettant en avant les qualités préventives du produit.

L'objectif déclaré de cette directive serait de mieux protéger le consommateur. Or, il s'avère que ce type de produit est essentiellement fabriqué par des petits laboratoires, qui voient là une manoeuvre de l'industrie pharmaceutique pour entraver l'automédication.


 

Source : NEXUS n°72, janvier-février 2011 / Les Echos

 


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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 14:44

 

Question d'une lectrice :

 

Je me fais régulièrement des infusions concentrées d'ortie, soit 30 grammes d'ortie séchée pour 1 Litre d'eau bouillante tel que suggéré par Susan Weed herboriste américaine reconnue. Je bois ce litre sur 2 jours et je constate que la couleur de l'infusion devient de plus en plus verte même un vert aqua en dépit du fait que les plantes ont été enlevées. Cette couleur est-elle due à un phénomène d'oxydation du fer présent? Si oui, ce fer est-il toujours bénéfique et assimilable par l'organisme? Et que pensez-vous du ratio de 30g de plante pour 1 litre d'eau?

Sylvie

 

Votre question est intéressante.

Personnellement, je ne raisonne pas en poids, mais plutôt en volume. Cependant, en mettant des feuilles d'ortie sur la balance, je suis effaré par les quantités conseillées par Susan Weed. (Il faut toutefois être sûr qu'elle parle bien d'orties sèches et non fraîches, ce qui changerait la donne). En ce qui concerne la teinture-mère d'ortie notamment, le dosage conseillé par les herboristes américains est très important. Mais il faut être prudent, car plus un dosage est élevé, plus les risques d'effets secondaires sont présents. Et l'ortie n'est pas une plante complètement anodine. J'ai rencontré une femme qui l'utilisait à forte dose ; cela lui avait complètement bloqué les urines (oligurie). Par ailleurs, vous ne précisez pas la durée du traitement. A mon sens, un dosage aussi élevé n'est justifié que dans des cas très précis (forte anémie ou crise de goutte par exemple) et sous un strict contrôle médical.

En ce qui me concerne, je bois une grande tasse de tisane d'ortie tous les matins à raison d'une boule à thé de feuilles sèches broyées, soit environ 1 à 2 grammes. Je ne suis ni chimiste, ni herboriste, mais à mon avis le changement de couleur de la tisane qui noircit au bout de quelques heures est dû à un phénomène d'oxydation et doit donc être évité, comme je l'ai déjà signalé. Je suis donc opposé au fait de préparer de la tisane longtemps à l'avance, même en la conservant au frais.

On sait que certains composants de l'ortie sont instables et facilement détruits au séchage, à la lumière en particulier. Pour conserver à la plante le maximum de ses composants, il faut donc utiliser des feuilles d'excellente qualité (ce qui n'est pas si courant sur le marché) et éviter tout traitement qui pourrait altérer ces éléments.

Je connais mal Susan Weed, mais le peu que j'en ai vu sur Internet ne m'a pas convaincu. Je la trouve trop fantaisiste, même un peu "allumée". Elle est peut-être un peu chamane, mais le métier d'herboriste nécessite une grande rigueur. Cependant, il y a aux Etats-Unis de grands herboristes, non traduits en français et complètement inconnus en France. Je pense par exemple à John Christopher ou David Hoffman. Les femmes ne sont pas en reste, avec Kiwa Rose, Anny Schneider (québécoise) et surtout Henriette (finlandaise), l'une des plus grandes herboristes actuelles.

J'espère avoir éclairé votre lanterne.

 

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 09:49

 

J'ai reçu ce message qu'il me semble utile de publier ainsi que la réponse que j'y ai apporté :

 

J'ai fait un test sanguin récemment et j'avais un déficit en globules rouges (carence en fer) . On me recommandais du fer "assimilable" contenu dans la viande rouge (steack, rôtis ) . Est-il vrai que les végétaux contiennent du fer moins assimilable que celui de la viande ? Ou l'ortie est-elle un "champion toutes catégories" qui fait exception dans le monde végétal ? Bien à vous ! Serge.

 


Le fer végétal est parfaitement assimilable, à condition de ne pas consommer en même temps certains aliments contenant des substances anti-nutritives :

  • le thé (présence de tanins s'opposant au fer)
  • les céréales intégrales (présence de phytates, neutralisés par la germination)

Par ailleurs, il faut toujours associer la prise de fer à de la vitamine C pour faciliter son assimilation par l'organisme.

Dans l'ortie, on trouve à la fois du fer en quantité importante et de la vitamine C. Ceci dit, certains végétaux contiennent encore plus de fer que l'ortie, comme les algues, mais leur absorbtion en grande quantité est dangereuse du fait de leur forte teneur en iode. L'ortie est donc l'un des meilleurs reminéralisants, non seulement pour le fer, mais aussi pour sa richesse en zinc, en calcium, magnésium...

Pourquoi utiliser comme source de fer des abats (foie, boudin) bourrés de cholestérol et produits de la violence à l'égard du monde animal, alors que le fer végétal convient parfaitement, même si son assimilation est moins rapide ? Ce qu'il faut surtout éviter, c'est le fer minéral, non assimilable, tant qu'il n'a pas été transformé par la plante.

 

Pour lever tous vos doutes, je connais une femme qui a un problème d'assimilation du fer. Elle fait de l'anémie régulièrement. Je lui avais conseillé l'ortie, en tisane, en cure de longue durée (2 mois environ). C'est ce qu'elle a fait. Ses analyses ont montré un retour du taux de fer à la normale. Mais elle boit beaucoup de thé, et son anémie revient régulièrement. Le problème n'est donc pas aussi simple et nécessite d'avoir un point de vue global sur la question.

 

J'espère avoir répondu à votre question.

 


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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 18:03

 

Description

 

Le Neem (Azadirichta indica, littéralement « arbre libre ») est un bel arbre à feuilles persistantes d'une vingtaine de mètres de haut, souvent confondu avec le margousier ou lilas des Indes (Melia azedarach). Originaire de l'Inde, il a été implanté depuis un siècle dans tous les pays subtropicaux, à commencer par ceux d'Afrique noire. Il est souvent planté dans les cours des maisons, les parcs et jardins, au bord des routes et près des puits, pour procurer de l'ombrage aux femmes qui viennent puiser de l'eau. Le neem supporte la sécheresse et les fortes chaleurs - mais pas le gel - s'accommodant de tout type de sol. Il préfère cependant les sols sablonneux bien drainés. C'est un arbre à croissance rapide, qui peut atteindre 200 ans.

 

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Vieux neems sur le site archéologique de Hampi, Karnataka (Inde)

 

 

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Son feuillage amer, très riche en provitamine A, possède de nombreuses propriétés médicinales et chasse les moustiques. Le Mahatma Gandhi en prenait tous les matins sous forme de chutney ou de tisane, afin de fortifier sa santé.

 

 

 

 

Route bordée de neems à Badami, Karnataka

 

 

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Les fleurs, à l'odeur suave, fleurissent au début du printemps et ne sont pas toxiques pour les abeilles qui les butinent.

 

 

 

  Neem en fleurs

Photo J.M. Garg Wikimedia Commons


 

 

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Les rameaux de neem, aux propriétés bactéricides, fortifient les gencives et servent de brosse à dent (datun). Ils sont vendus dans la rue par des jeunes, dont c'est souvent le seul revenu.


Photo Meena Kadri, licence Creative Commons (Flickr.com)


 

4838869846 3630a04aec b webPerroquet à crête jaune dans un Neem à Trinidad et Tobago

Photo de Peter Hanoomansingh©, avec son aimable autorisation


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Ses fruits, ressemblant à des olives, attirent les perroquets et autres oiseaux durant la mousson.


 Photo Kishore Bhargava Licence Creative Commons (Flickr.com)



IMG 1297 webDe leurs graines, on tire une huile à l'odeur désagréable, qui s'avère être un excellent répulsif contre plus de 200 insectes (termites, sauterelles, pucerons, chenilles, doryphores, larves de cafards...). De très nombreuses études scientifiques ont du reste été menées ces dernières années sur les usages de l'huile de neem contre les ravageurs des cultures. C'est de loin l'application du neem la plus répandue dans le monde. Pourtant, malgré ses services inestimables pour l'humanité, l'huile de neem est interdite en France...

 

Ci-dessus, huile de neem et feuilles de neem


Malheureusement, l'huile de neem - dont le prix a été multiplié par 20 en 20 ans du fait de la demande étrangère - est devenue inabordable pour les petits paysans indiens qui en faisaient l'utilisation. Précisons que cette huile fermente rapidement et ne se garde qu'un an au frais.

 

 

Une belle panoplie de propriétés

 

Cité dans les principaux textes sacrés de l'Inde (Ramayana, Mahabharata, Puranas), le neem est considéré par la médecine ayurvédique comme l'une des plantes majeures de sa pharmacopée. La liste de ses propriétés médicinales est du reste impressionnante, avec des vertus détoxicantes, immuno-stimulantes, anti-inflammatoires, fébrifuges, bactéricides, fongicides, anti-virales, anti-diabétiques, vulnéraires, vermifuges, anti-paludéennes et contraceptives.

Toutes ces vertus expliquent que le neem soit considéré en Inde comme une véritable panacée, vu les innombrables services qu'il rend.


IMG 1306 webDe plus, d'après des études récentes, « les extraits des feuilles de neem seraient un excellent agent immunomodulateur et réduiraient la croissance des tumeurs (Haque et al., 2006), notamment celles de la prostate (Kumar et al., 2006). Ils sont actifs comme agent antipaludique non seulement contre les souches qui sont susceptibles à la chloroquine mais aussi contre celles qui y sont résistantes. Ils réduiraient aussi la transmission du paludisme (Udeninya et al., 2006) ». (Pr. Ameenah Gurib-Fakim – Toutes les plantes qui soignent - éd. Michel Lafon, 2008).

 

Cependant, en usage interne, le neem ne convient pas aux enfants, aux femmes enceintes, aux personnes faibles, amaigries ou qui souffrent d'un excès de vata (ballonnements). C'est une plante plutôt froide et desséchante adaptée aux climats chauds et humides.


Le neem se révèle très efficace dans la prévention - et dans une moindre mesure dans le traitement - des maladies sexuellement transmissibles. Non seulement c'est un spermicide efficace (huile de neem), mais il permet de lutter à peu près contre toutes les MST : gonorrhée, syphilis, chlamydia, herpès génital, candidoses, cystites...et même le sida.

L'une des principales applications du neem reste malgré tout les maladies et parasites de la peau, qu'il soigne efficacement : acné, eczéma, psoriasis, gale, teigne, poux et même la lèpre. D'ailleurs, aujourd'hui, le neem rentre dans la composition de dentifrices, savons, et d'un grand nombre de produits cosmétiques, pour entretenir les cheveux en particulier.


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Dentifrice, savon, masque pour le visage, poudre de feuilles et huile pour cheveux au neem

 

 

 

Biopiraterie et relations nord/sud

 

Certains états se comportent en prédateurs, méprisant le savoir traditionnel empirique acquis au fil des générations et croient pouvoir déposséder un autre pays de son patrimoine en brevetant le vivant, au mépris de toutes les règles internationales.

Pour planter le décor, l'Inde a isolé en 1970 l'azadirachtine, l'un des principes actifs du neem, aux propriétés fortement insecticides. Cette molécule complexe n'a toujours pas été synthétisée, mais elle a cependant suscité la convoitise de grandes compagnies américaines, japonaises et européennes. Celles-ci ont déposés des brevets - surtout à partir de 1990 - en particulier sur un procédé d'extraction et de stabilisation de l'huile de neem. La levée de boucliers a été impressionnante en Inde, où le neem est l'un des 3 arbres sacrés. (Il existerait au moins 14 millions d'arbres Neem à travers le pays). Jusqu'à 500 000 personnes manifestèrent à Bangalore, en brandissant des rameaux de neem. Comme l'écrit Vandana Shiva : « L'arbre de village Neem est devenu un symbole du savoir indigène et de la résistance contre les compagnies, qui veulent exproprier cette connaissance à leur propre profit » (Third World Network).

W.R.Grace, l'entreprise américaine incriminée, soutenue par le Département Américain de l'Agriculture, ne reconnait pas le savoir traditionnel indien et voulait imposer toute une batterie de tests de sécurité sur le Margosan-O, sa « découverte ». Au contraire, la jurisprudence indienne ne jugeait pas nécessaire de déposer des brevets sur un savoir faisant partie intégrante de la culture du pays. L'Inde faisait valoir l'ancienneté de cette connaissance ancestrale et l'innocuité du produit.

Finalement, il a fallu 10 ans de bataille juridique à Vandana Shiva, leader du mouvement écologiste indien, associée à la fédération internationale d'agriculture biologique (IFOAM) ainsi qu'aux députés verts européens pour faire annuler le principal brevet.

 

Il faut dire que les États-Unis sont le seul pays à n'avoir pas ratifié la Convention pour la Diversité Biologique (CDB) signée par 175 pays. Cette convention, entrée en vigueur fin 1993, défend la souveraineté des états sur leurs ressources génétiques. Elle établit la notion de partage équitable, avec consentement mutuel des parties impliquées. Une compensation est prévue en échange du savoir transmis à l'étranger. L'attitude des États-Unis à cet égard s'apparente à un pillage du Tiers-Monde, digne de leur esprit impérialiste, sans faire preuve d'aucun dogmatisme en la matière.

 

Guy Kastler, chargé de mission à Nature et Progrès, observe – comme Jean-Marie Pelt – qu'une plante est un ensemble complexe (une centaine de molécules identifiées en ce qui concerne le Neem). Celles-ci s'équilibrent mutuellement, empêchant les insectes de pouvoir développer une résistance, contrairement aux substances chimiques de synthèse toxiques, souvent cancérigènes, voire tératogènes et rémanentes dans l'environnement. On comprend mieux l'avidité de ces compagnies, qui pensaient sans doute pouvoir s'approprier une connaissance à bon compte.

 

Mais le fond du problème n'est pas réglé. L'agrément des nouveaux produits phytopharmaceutiques est soumise à l'évaluation partiale des laboratoires. On a vu le résultat récemment avec les graves effets secondaires de certains médicaments. Ces produits dangereux sont malgré tout autorisés avec une AMM, sans que les effets à long terme soient analysés.

Au contraire, on veut imposer aux préparations naturelles de plantes, fruits d'un savoir-faire ancestral, les mêmes contraintes, sans possibilité d'amortir le coût des ces tests, ces préparations naturelles n'étant pas protégées par un brevet. Le jeu est donc faussé. Cette situation aboutira inévitablement à la disparition des ces savoirs traditionnels, remplacés par des technologies dangereuses dûment protégées par un brevet protégeant le monopole de leur inventeur (d'après Guy Kastler).

Certains se demandent si l'interdiction actuelle du purin d'ortie et de l'huile de neem ne constitueraient pas des mesures de rétorsion vis à vis de l'agriculture biologique, qui a osé s'opposer à une grande compagnie pour faire annuler son brevet en Inde.

 

 

Le lilas des Indes, cousin malveillant

 

Le neem (Azadirachta indica) est parfois désigné sous le nom latin de Melia azadirachta. Ce nom malvenu prête à confusion avec le lilas des Indes (Melia azedarach), qui a la même apparence, mais dont toutes les parties sont toxiques. Le neem n'a jamais tué personne, et les quelques décès d'enfant ou de chiens recensés concernent le lilas des Indes. Même des botanistes ou des médecins font parfois la confusion, tant les noms botaniques se ressemblent. Le lilas des Indes a été introduit il y a quelques dizaines d'années dans le sud des États-Unis, et désormais, il est devenu une espèce envahissante en Floride, menaçant la sécurité des jeunes enfants et des animaux familiers.

Cependant, il est possible de les différencier à tous les stades de la végétation :

  • Contrairement aux feuilles de neem qui sont amères, celles du lilas des Indes sont insipides,
  • Les jeunes feuilles de neem sont souvent rouges, ce qui n'est pas le cas de celles du lilas des Indes,  
  • Les fleurs et les fruits sont également différents, ce qui évite à priori la confusion pour des personnes averties. 

D'où la nécessité de s'approvisionner auprès de fournisseurs compétents pouvant garantir l'origine de la plante.

 

 

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Pas de doute. C'est bien du neem !

Photo de Pranav Yaddanapudi, Licence Creative Commons (Flickr.com)

 

 

2321757943 551c07b2ec b webArbre neem dans un village du Niger

Photo Acei Cheung, Licence Creative Commons (Flickr.com)

 

 

Au Niger, justement, où le neem a été introduit par les missionnaires dans les années 1920, le neem est devenu un arbre très populaire. Malheureusement, depuis 20 ans, cet arbre est atteint par une mystérieuse maladie qui le fait mourir. C'était le dernier rempart contre l'avancée du désert.

 

 

Ce blog est exclusivement consacré à l'ortie. Si nous avons pour la première fois fait une exception pour le neem, c'est que le sort de ces 2 plantes est étroitement lié, comme on peut le constater dans l'article : Action de désobéissance civique à la mairie de Montreuil   

 

 

 


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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 07:33

 

Beaucoup doivent s'interroger sur cet arbre, encore peu connu en France, dont il était question dans l'article précédent.

 

Cela fait longtemps que je m'intéresse au Neem. J'ai déjà réuni une bonne documentation, et j'ai décidé de publier un dossier sur ce sujet dans les semaines qui viennent sur Urticamania.

 

Donc patience. Vous allez découvrir que cet arbre est aussi important que l'ortie pour l'humanité. En somme, c'est un symbole fort auquel l'État français a décidé de s'attaquer pour protéger son industrie chimique.

 

L'action de mercredi à la Mairie de Montreuil n'était donc pas anodine !

 

 

La suite dans : Le Neem, arbre à " pharmacie du village "

 


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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 22:48

 

Si l'ortie est reconnue comme l'un des meilleurs remèdes de la goutte - principale forme d'arthrite - , son intérêt pour soigner l'arthrose est moins connu.

 

Rappelons que l'arthrite consiste en dépôts métaboliques douloureux qui s'accumulent dans les articulations du fait d'une alimentation trop riche en protéines. C'est un phénomène réversible.

Au contraire, l'arthrose est une maladie de dégénérescence consistant en une usure du cartilage de l'articulation, du fait d'une sollicitation mécanique excessive de nature sportive ou professionnelle. L'arthrose peut être invalidante et nécessiter la pose d'une prothèse dans les cas graves. Elle est généralement soignée par des antalgiques associés à des anti-inflammatoires.

 

L'ortie ne saurait à elle seule soigner une arthrose, mais, grâce à sa richesse minérale, elle peut aider à la consolidation du cartilage, en traitement de fond. Dans ce but, elle sera utilisée en cure de longue durée, en association avec d'autres plantes aux vertus antalgiques (en cas de douleur) et à effet anti-inflammatoire.

 

Les médecins rédacteurs de l'excellent guide Vidal / Sélection du Reader's Digest (voir bibliographie) recommandent la feuille d'ortie pour cet usage, pris en infusion 3 fois par jour avec des fleurs de reine-des-prés, des feuilles de frêne et des fleurs de verge-d'or. L'effet anti-inflammatoire pourra être obtenu par l'harpagophytum, ou mieux, la curcumine ; l'harpagophytum étant une plante en voie de disparition du fait de sa surexploitation.

 

En usage externe, on pourra recourir, pour leur action antalgique, à des massages doux à base d'huile essentielle de gaulthérie, que l'on peut associer à de l'H.E. d'eucalyptus citronné (anti-inflammatoire remarquable), à raison de 5% de chaque dilué dans de l'huile végétale de sésame non grillé. Attention, il est nécessaire de bien se laver les mains après usage avec du savon, ce produit étant très irritant pour les yeux. Autre inconvénient, l'odeur forte du produit se dissipe au bout de 3/4 d'heure environ, quand il est absorbé par la peau. C'est pourquoi il faut réserver ces huiles essentielles - par ailleurs très efficaces - aux douleurs chroniques et tenaces.

Pour ceux qui sont réfractaires à tout traitement chimique, on a là un bon moyen de procurer un net apaisement, à condition de persévérer plusieurs semaines.

Eviter l'usage externe de l'H.E. de romarin camphré en cure de longue durée, surtout si l'on a de la tension ou des problèmes hépatiques.

Par contre, on pourra ajouter au mélange cité plus haut de l'H.E. de katrafay (Cedrelopsis grevi  H. Baillon), plante originaire de Madagascar encore peu connue en France. Le katrafay est très utilisé dans la pharmacopée malgache pour ses puissantes propriétés anti-inflammatoires (sesquiterpènes) et toniques ; son odeur boisée est agréable.

 

Bien entendu, une étroite surveillance médicale est indispensable. Le mieux serait de trouver un médecin référent (généraliste ou rhumatologue) compétent en phytothérapie, mais ils sont encore bien rares.

La médecine par les plantes fut à l'honneur durant la 2ème guerre mondiale ; c'est aussi le cas aujourd'hui dans des pays fortement touchés par la crise comme Cuba ou la Lettonie. La restriction du pouvoir d'achat qui se profile en Europe va peut être nous inciter à nous tourner un peu plus vers les plantes médicinales, au grand bénéfice de notre santé. Notre système de soins - à commencer par l'Assurance Maladie qui ne rembourse plus grand-chose - semble en effet avoir atteint ses limites. 



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