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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 16:24

 

On aurait pu penser que tout avait été dit sur l'ortie. Il faut croire que non ; puisqu'un nouveau livre vient de paraître chez Rustica, L'ortie : culture & usages, sous la plume de Guylaine Goulfier, journaliste dans la presse horticole.

 

L'ouvrage est court (80 pages), bien écrit, correctement illustré et pas cher (7,50€). Fidèle à l'orientation jardinage de son éditeur, l'auteure développe surtout les applications pratiques de l'extrait végétal fermenté d'orties, improprement appelé "purin d'ortie". On y trouve aussi quelques recettes de cuisine, mais l'intérêt de l'ortie comme plante médicinale est un peu escamoté.

 

Globalement, le livre présente de l'intérêt (à une époque de restriction budgétaire) et fait part d'une réelle expérience personnelle, avec quelques réserves cependant.

Malgré de larges emprunts à Bernard Bertrand et à moi-même, nous ne sommes cités nulle part. Une bibliographie, même sommaire, aurait été la bienvenue, pour indiquer les principales sources de documentation ... par honnêteté intellectuelle.


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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 10:17

 

 

L'ortie, dont les poils urticants sont redoutés par les humains comme par les animaux, comporte quelques imitations. Ces copies peuvent parfois rebuter par leur odeur fétide, mais leurs poils ne piquent pas.

Appartenant à la famille des lamiacées (ex-labiées), on les reconnaît à leurs feuilles opposées, avec des fleurs en forme de gueule de loup à l'aisselle des feuilles. Les principales familles sont le lamier (blanc, jaune, pourpre, tacheté...), le stachys et le marrube (blanc, noir). Ce sont toutes des plantes vivaces.

 

FAUSSES ORTIES

308 : Marrubium vulgare ; 309 : Stachys sylvatica ; 310 : Stachys germanica ;

 311 : Lamium galeobdolon ; 312 : Lamium maculatum ; 313 : Lamium purpureum

Planche extraite de l'Atlas botanique illustré de Carl Hoffmann (1884). 


 

 

LAMIER BLANC 1 webLe lamier blanc ou "ortie blanche" (Lamium album) est le plus répandu. Il forme souvent des massifs à côté de la grande ou de la petite ortie. Il a du reste la même hauteur que cette dernière (60 cm) et ses feuilles dentelées sont pointues. Bien que de moindre valeur que l'ortie, le lamier blanc est comestible et partage une partie des propriétés médicinales de l'ortie.

 

Il en existe une espèce à fleurs jaunes, qui possède à peu près les mêmes caractéristiques. C'est le Lamium galeobdolon  (ou Galeobdolon luteum  ), communément appelé "ortie jaune" ou lamier jaune.

 

Lamier tacheté

 

Le lamier pourpre (Lamium purpureum), aux petites feuilles rondes virant au pourpre, est répandu dans les jardins. Il se distingue par son odeur fétide et sa floraison prolongée. C'est une plante très mellifère.

 


Le lamier tacheté (Lamium maculatum) peut atteindre 80 cm et possède de belles fleurs roses en forme de hampe.

 


On trouve encore le lamier à longues fleurs (Lamium longiflorum).

 

 

  "L'ortie puante" (Stachys sylvatica) pousse dans les zones humides en bordure des bois et des chemins, où elle peut atteindre un mètre de hauteur. Son odeur est repoussante, comme son nom l'indique.

 

Stachys sylvatica HD

Ortie puante (Stachys sylvatica)

Planche d'Otto Wilhelm Thomé, extraite de La Flore de l'Allemagne, de l'Autriche et de la Suisse (1885).

 

 

Le marrube blanc (Marrubium vulgare) ressemble un peu à la mélisse officinale, avec ses feuilles gauffrées ; mais, contrairement à la mélisse, dont l'odeur est citronnée, son parfum est désagréable. Par contre, c'est une plante médicinale de valeur (aux vertus antispasmodiques), un peu délaissée de nos jours.

L'explication en est simple. Autrefois, l'efficacité d'une plante médicinale était estimée en fonction de son goût. On jugeait que, pour agir comme il se doit, un remède devait avoir mauvais goût. Aujourd'hui, on exige au contraire des remèdes insipides, avalés en gélules, sans contact direct avec la plante. Du coup, on n'a pas vraiment conscience de l'avoir absorbée, ce qui peut effectivement nuire à l'efficacité du remède.


 

Parmi les fausses orties, on peut également citer le Galeopsis tetrahit, aussi appelé "ortie royale", "ortie épineuse" ou "herbe de Hongrie". Le galéopsis (dont il existe plusieurs espèces) se rencontre en colonies dans nos montagnes, en situation claire et humide. Ses fleurs, à la corolle rose, comportent un calice doté de pointes piquantes. C'est une bonne plante médicinale. En usage interne, on s'en sert dans les affections respiratoires et urinaires. En usage externe, il sert à soigner l'eczéma et le psoriasis.

 

GALEOPSIS TETRAHITComme on le voit, le nom anglais du Galéopsis est "chanvre-ortie"


 

On trouvera des précisions intéressantes sur les différentes espèces de Galeopsis  dans l'ouvrage Sauvages et médicinales  de Marie-Claude Paume aux éditions Édisud pages 114 à 117. Compétente en phytothérapie, l'auteure est aussi photographe et les illustrations sont de qualité.

 




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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 16:32

 

Comme son nom l'indique, Urtica massaica  est présente sur le territoire des Massaïs, au Kenya, mais aussi dans toute l'Afrique centrale.

 

Ressemblant un peu à la laportée du Canada, elle a de larges feuilles en forme de coeur et peut atteindre 2 m de haut. Ses poils urticants de 2 mm occasionnent une douleur vive mais passagère. L'ortie massaïe est très répandue sur les terrains d'altitude en friche, spécialement si des buffles y ont pâturés. Les gorilles de montagne, qui se nourrissent principalement de bambous, y puisent une partie de leur nourriture.

 

L'ortie massaïe est très utilisée dans la médecine populaire africaine. En Ouganda, où elle est très répandue, on l'utilise aussi comme légume, tandis qu'en Tanzanie, on ne la consomme qu'en cas de disette.

Si l'ortie massaïe est employée pour lutter contre le paludisme au Kenya, son efficacité contre cette maladie n'a jamais été démontré lors de tests in vitro. Elle viserait plutôt à en alléger les symptômes.

Par contre, la majorité des autres utilisations médicinales de cette plante trouvent une justification en herboristerie chez ses cousines européennes. Ainsi, les Massaï utilisent les feuilles de l'Urtica massaica pour lutter contre les maux d'estomac. Si, crue, l'ortie est irritante pour la gorge et l'estomac, ce n'est plus le cas une fois cuite. Au contraire, ses propriétés alcalinisantes lui permettent de combattre efficacement l'acidité stomacale, source de brûlures douloureuses, sans avoir les inconvénients des médicaments anti-acides.

L'utilisation de l'ortie dans les troubles hépatiques, telle qu'on la rencontre en Tanzanie (sous forme de macération de feuilles et racines) se retrouve aussi dans la tradition occidentale, bien que secondairement.

Dans la région des grands lacs africains, l'ortie massaïe est employée en cas de rhumatisme, blessures et incontinence urinaire, indications que l'on retrouve aussi chez nous. On l'emploie également pour consolider les fractures, ce que sa haute teneur en calcium justifie à priori. L'usage contre les ecchymoses et les maladies vénériennes est plus surprenant.

 

En Ouganda, on utilise aussi l'ortie massaïe pour éloigner le bétail des cultures et les rats des récoltes.

 

Source : site web de Prota 2 : Vegetables/Légumes


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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 11:00

 

La France a une connexion douloureuse avec la Lithuanie, en particulier sa capitale Vilnius. Lors de la retraite de Russie, les débris de la grande armée de Napoléon y hivernèrent. Des milliers de soldats français y moururent de faim, de froid et de maladie et furent enterrés dans les fossés de la ville. Plus récemment, l'actrice Marie Trintignant y mourut dans les circonstances que l'on connait.

 

Mais le peuple lithuanien a conservé encore aujourd'hui l'usage traditionnel des plantes médicinales, que l'on trouve en vente sur le marché de Vilnius. Deux scientifiques polonaises ont menée une étude ethnopharmacologique, dont il ressort que l'ortie est utilisée là-bas pour de multiples usages, certains classiques, d'autres sortant de l'ordinaire.

 

En particulier, de longue date, les plaies et surtout les brûlures sont traitées avec un mélange de jus de feuilles de grande ortie (Urtica dioica)  et de jus de carotte fraîchement extrait. Quand on connait la haute teneur de ces deux plantes en provitamine A, facilitant la cicatrisation de la peau, on peut ici parler de sagesse populaire.

 

Par ailleurs, l'ortie est utilisée en urtication comme antirhumatismal lors des bains de vapeur (Urtica dioica), ainsi que pour traiter la paralysie (Urtica urens),  pratiques que l'on retrouve chez certaines tribus amérindiennes.

 

Source : link


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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 06:27

 

J'ai écrit un nouveau livre intitulé : Etre végétarien, le bon choix ?  que j'ai l'intention de mettre prochainement en téléchargement libre sur un nouveau blog, que je vais créer pour cela. Je souhaiterai en proposer une version en anglais, ainsi qu'en allemand et en espagnol.

Pour cela, je recherche une personne maîtrisant parfaitement l'une de ces langues, de préférence végétarienne, disposant de temps libre et prête à s'investir bénévolement pour une juste cause.


Tout les aspects du choix d'un régime alimentaire végétarien sont analysés dans le livre : la santé, l'écologie, le bien-être animal, le choix philosophique ou religieux, l'évolution spirituelle de l'humanité. Cet ouvrage est inspiré par le Mahatma Gandhi et présente les jeunes leaders du bouddhisme contemporain, qui se sont engagés dans cette cause et seront peut-être les phares du monde de demain.


Engagez-vous pour m'aider à renverser les archaïsmes de notre société fondés sur l'alimentation malsaine, la destruction de la Nature, la maltraitance animale et l'assouvissement de nos pulsions destructrices.

 

L'ouvrage fait 200 pages format A4 et comporte une cinquantaine d'illustrations, pour la plupart inédites.


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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 07:12

 

En ce qui concerne les plantes médicinales, la règle générale est de procéder à des cures de trois semaines, pour éviter une accoutumance de l'organisme, quitte à refaire ultérieurement d'autres cures, espacées par une interruption d'une dizaine de jours. Mais il y a des exceptions.

 

Stimulant des défenses immunitaires, l'échinacée doit être consommée à forte dose, mais sur une courte période (8 à 10 jours seulement), sous peine d'inverser ses effets. Il en va de même du fumeterre, utilisé principalement dans les troubles biliaires et les problèmes cutanés.


Au contraire, certaines plantes agissent sur le long terme et leur cure doit être poursuivie plusieurs mois. C'est le cas de l'aubépine, régulatrice du rythme cardiaque, de la tension et du système nerveux. C'est aussi le cas de l'ortie.


Hormis les contre-indications, interactions et effets secondaires possibles, que nous avons signalés par ailleurs, l'ortie agit lentement en rétablissant la tonicité des fonctions de l'organisme et doit être consommée sur une longue période. On peut en prendre à longueur d'années sous forme de tisane matinale, qui remplacera avantageusement le thé ou le café trop excitants et qui sont des marchandises importées. Cet usage s'avèrera bénéfique dans toutes les maladies chroniques, et pourra être associé à d'autres plantes suivant le cas pour obtenir un effet plus ciblé.


En ce qui concerne les feuilles, le dosage ne devra pas être sous-évalué.

Si on l'utilise en poudre sous forme de gélules (à choisir en cellulose végétale de préférence), il faudra compter entre 4 et 8 gélules par jour suivant les cas, pour obtenir les effets escomptés.

Sous forme de feuilles broyées en vrac, le plus simple est d'en remplir une boule à thé que l'on laissera infuser une dizaine de minutes. Si l'on attend trop longtemps (une heure ou deux), il se produit une oxydation et la tisane noircit, signe de sa haute teneur en fer.

Beaucoup de gens souffrent de troubles chroniques et se gavent de compléments alimentaires coûteux, ou pire de molécules chimiques qui altèrent sérieusement leur métabolisme, sans résoudre la cause de leur maladie. Alors que, dans bien des cas, il leur suffirait de suivre une cure prolongée d'orties pour voir leurs symptômes s'améliorer graduellement.

Attention, cette plante n'est pas une panacée et ne soigne pas toutes les maladies, loin de là, mais elle est la mieux adaptée à notre époque, car elle contient la plupart des vitamines, minéraux et acides aminés dont notre alimentation carencée est déficitaire.

La tester, c'est l'adopter.


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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 21:45

 

L'antiquité  gréco-romaine associait l'ortie à la planète Mars et au signe du Bélier . On en retrouve une indication dans l'Art Culinaire d'Apicius, grand chef de cuisine romain du Ier siècle après J.C. A la Renaissance, Paraclese lui adjoindra également la planète Mercure.

 

Comme plante piquante et tonifiante, l'ortie favorisait en effet les exploits sportifs ou guerriers, en rapport avec le symbolisme de la planète Mars. Les Vikings, qui vénéraient l'ortie, ne s'y étaient pas trompés. Les scandinaves ont du reste maintenus ces traditions jusqu'à aujourd'hui (soupe d'ortie, urtication...).

 

Tous les peuples d'Europe du nord, et même les grecs de l'antiquité, considéraient l'ortie comme un tonique de printemps. Or l'équinoxe de printemps est justement marquée par l'entrée du Soleil dans le signe du Bélier. Cette position s'appelle le point vernal. Associée au premier signe du Zodiaque, l'ortie est d'ailleurs la première herbe comestible à pousser au début de l'année, et donne un excellent fourrage, bien avant la luzerne.

Curieusement, les moutons, et donc les béliers, ne consomment pas l'ortie verte sur pied, contrairement aux chèvres.

Dans la tradition hindoue, l'ortie est associée au dieu védique Agni, qui est l'incarnation du feu rituel et a pour monture un bélier.

 

Mais la planète Mars est aussi le Maître du signe du Scorpion, où elle est en domicile nocturne. D'après la tradition astrologique, ce signe est en rapport avec les organes génitaux, et effectivement, l'ortie possède des propriétés aphrodisiaques en urtication locale, ainsi qu'en usage interne par sa graine. Par ailleurs, sa racine soigne l'hypertrophie bénigne de la prostate. En ce qui concerne l'ortie, le symbolisme astrologique est donc parfaitement vérifié.


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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 22:30

 

Ortieannybis

Anny Schneider est une herboriste québécoise. Elle a publié un dossier sur l'ortie dans le numéro de juin 2010 du magazine Vitalité Québec. Avec son autorisation, nous le reproduisons ici intégralement.

 


 

Portrait de l’Ortie dioïque, la mal-aimée méconnue

 

Qui est Urtica dioïca?   

Célébrité issue d’une grande famille d’une trentaine de variétés, présente dans le monde entier mais plus concentrée en Europe. Sa cousine indigène d’ici est l’ortie du Canada Laportea canadensis. Elle  fut  malheureusement peu étudiée.

 

Le terme « dioïque » signifie  qu’il y a des plants mâles et des plants femelles séparés et qu’il faut évidemment des plants de chaque sexe pour assurer la reproduction à long terme. Par contre, ses  les racines vivaces peuvent vivre quelques années avant de s’épuiser et produisent des rejets de souches. Au Québec, l’ortie dioïque est naturalisée, ses graines sans doute mêlées aux semences céréalières par les colons ou délibérément, par des herboristes connaissant ses vertus.


 

Historique 

Le mot « ortie »  dérive du latin  urere, qui signifie brûler. L’anglais nettel vient de needle : aiguille. En allemand, Brennessel signifie : aiguille brûlante.

Les troupes  romaines ajoutaient ses  tiges fructifères aux ragoûts pour ses vertus nutritives et s’en fouettaient le corps  pour se réchauffer lors de leurs campagnes en pays nordiques. Quand ils revenaient dans leurs foyers, ils l’utilisaient en frictions des reins en du bas-ventre pour stimuler  leur virilité et mieux contenter leurs épouses! L’herboriste anglais John Gerard la qualifiait de contrepoison efficace contre toutes sortes d’empoisonnements du sang.

L’ortie a une aura magique et on l’utilisait avant les batailles pour bénir les épées et terrasser les démons personnifiés par les ennemis, mais aussi pour affûter les faucilles et s’attirer des récoltes abondantes.

Les Éclectiques américains la recommandaient en tisane contre nombre d’affections des reins et de la vessie, et son jus pur contre les maladies de peau.

Victor Hugo dans ses Misérables a écrit ceci : « Si seulement la population connaissait ses multiples usages : jeune, l’ortie constitue un excellent légume nourrissant, adultes, ses tiges offrent des fibres qui donnent une étoffe très résistante. Chez les animaux, elle fait pondre les poules, rend les vaches plus fertiles et fait briller le poil des chevaux. Décidément, l ‘ortie offre beaucoup pour le peu qu’elle demande! ».

 

La plupart des herboristes occidentaux la révèrent et l’utilisent. La Guilde des herboristes l’a même couronnée  plante de l’année 2009 !


   

Habitat 

Au sud du St-Laurent, en colonies survivantes dans des sols meubles et  riches en azote, près des composts et fumiers, en marge des potagers, près des étables et fossés bien drainés, évidemment non tondus!

 

   

Description 

Plante vivace haute de 50 à 150 cm dans les meilleures conditions, pourvue d’une tige centrale solide faite de longues fibres imbriquées. Celle-ci arbore de grandes feuilles opposées vert foncé et dentelées  à longs pétioles garnis de minuscules poils translucides très effilés et urticants (!), du à un combiné d’acide formique et de carbonate d’ammonium. Ses fleurs femelles sont jaune verdâtre, disposées en grappe, comme ses graines uniques, des akènes vert argenté, collés en épillets denses fixés à l’aisselle des folioles.


   

Composition chimique 

Acide formique et gallique, chlorophylle, flavonoïdes, vitamines A, B, C, calcium, fer, potassium, silice, soufre, bore, fibres, mucilages et protéines, acétylcholine, histamine et sérotonine. Aussi, sa teneur en anti-oxydants (indice ORAC) est supérieure à celle du piment rouge! Bref, c’est une des plantes sauvages des plus complète et nutritive qui soit, à prendre avec des gants peut-être, mais aussi à disséminer largement !

 

Précautions et préceptes de cueillette  de l’ortie

Avant de récolter l’ortie, habillez-vous de manches longues et de bons gants, cueillez uniquement les pousses terminales et avec un sécateur ; et surtout en milieu sauvage, contentez-vous d’une tige sur dix, car la saison est longue et les herbivores sauvages ont eux aussi droit à leur part.

Si la terre est très riche et l’été chaud et humide, vous pourriez même bénéficier de deux, voire de trois récoltes, mais comme toutes les plantes nutritives, la première pousse est la plus riche en principes actifs.

Par contre, plus tard dans l’été, le taux de minéraux augmente sensiblement et les fibres des tiges se lignifient.

Les acides gras essentiels sont concentrés dans les graines des plants femelles et en automne, c’est dans les racines que se trouvent les facteurs régulateurs pro-hormonaux, d’où leur efficacité pour les problèmes du système reproducteur masculin.

Contre les démangeaisons des enfants imprudents, appliquez des feuilles de plantain ou de patience broyées, ou simplement mâchées par maman ou grand-maman!

 

 

Multiples préparations ortisanales 

La plupart de ses principes actifs étant hydrosolubles, on peut la préparer en bouillon, décoction, gelée, tisane ou encore, en teinture-mère.

 

Cuisinée à toutes les sauces…

Son utilisation en cuisine est surtout réservée aux toutes jeunes pousses printanières et aux feuilles très tendres, car déjà au mois de juin (dans le sud du Québec du moins), elle devient irritante pour la gorge, même en simple potage passé au mélangeur. Lors d’un de mes tous premiers ateliers printaniers sur les plantes alimentaires, il y a plus de 25 ans, je me souviens qu’on a toussé en chœur, moi et les grands chefs de l’Estrie qui y étaient. Même la crème ne suffisait pas à tamponner les micros cristaux qui se collaient au pharynx. Bref, dans l’assiette, il faut vraiment se  limiter aux toutes jeunes feuilles terminales, qu’on peut pincer, un peu comme le basilic et ainsi stimuler la repousse.

Les jeunes pousses d’ortie s’ajoutent aussi aux bouillis de toutes sortes, aux sautés, aux gratins et omelettes, aux crêpes et pourquoi pas aux muffins?

Néanmoins, n’importe quand dans l’été, on peut en faire une décoction, ou la mélanger à d’autres légumes (céleri-rave, navet, poireau), comme les Chinois même le matin, en boire simplement en bouillon alcalinisant, bonifié par un pois de miso ajouté en fin de cuisson.

 

Bien infusée…

Une méthode simple est de prendre la plante fraîchement cueillie, de mettre dans l’eau froide l’équivalent de trois à quatre feuilles par tasse, d’amener à ébullition, de couper le feu, couvrir et infuser de cinq à dix minutes.

Pour un traitement soutenu, en boire de 3 à 4 tasses par jour, entre les repas, en cure soutenue de deux  à trois semaines surtout en cas de problèmes chroniques. On cueille les feuilles, partie la plus couramment utilisée, selon les règles habituelles : avant la floraison une journée ensoleillée après que la rosée a  séché. On l’étale à plat sur un treillis propre dans un endroit bien ventilé, ou encore on suspend la plante en bouquets peu denses sur une corde.  S’il y a des insectes dans les parages, il est sage de placer les bouquets dans des sacs en papier  brun, de plus cela permettra de recueillir les feuilles sèches tombées au séchage. Si on la taille régulièrement on peut la cueillir pour des infusions durant tout l’été et en faire des provisions pour le long hiver.

 

En teinture-mère 

Faite avec de l’alcool, un bon vin blanc sec ou du vinaigre de cidre (de pommes bio évidemment), je préconise le vinaigre qui dissout le mieux les minéraux sans trop altérer les flavonoïdes. Le plus tôt possible, après la cueillette des folioles, on les broie au mortier ou au mélangeur et on y ajoute le double de vinaigre coulé dans un pot de verre, avec un couvercle de plastique alimentaire (dans toutes les quincailleries). On entrepose à l’abri de la lumière, on brasse délicatement les premiers jours pour éviter que les plantes ne s’oxydent et on filtre au bout d’un mois avec une bonne passoire ou gaze fine facile à presser. On étiquette et on consomme au compte-goutte, à raison d’une goutte par année d’âge, en doses fractionnées en deux ou trois prises, posologie  simple qui  constitue un bon mémo, pour l’ortie du moins!

 

En fine poudre

L’intérêt principal de la poudre est qu’elle agit vite. Que ce soit en saupoudrage direct sur une plaie hémorragique mineure, elle arrête rapidement l’écoulement de sang. Ajoutée à de l'argile comme tampon, elle est utile contre l’herbe à puce ou l’impétigo par exemple. Inconvénient : perte de vitamines et de flavonoïdes au séchage.

 

En capsules ou en comprimés

Selon les compagnies et les indications, l’ortie se vend en gélules, capsules ou comprimés, rarement seule mais le plus souvent combinée dans des mélanges soit aphrodisiaques soit anti-prostatites. On la retrouve dans des complexes  reminéralisants, que ce soit pour les os, la chute des cheveux ou encore les problèmes arthritiques, rénaux ou dermatologiques.


 

Principales indications thérapeutiques

 

Allergies, rhinite 

Grâce sa haute teneur en minéraux, elle basifie le sang et la lymphe  et, grâce à sa judicieuse combinaison de pro-neurotransmetteurs, peut moduler une immunité hyper réactive.

 

Anémie

Avec sa belle synergie de chlorophylle, de fer et de  vitamine C, une cure d’ortie, surtout fraîchement cueillie, peut contribuer à remonter le taux d’hémoglobine et même de fer sérique.

 

Fatigue

Souvent associée à la basse pression et l’anémie, la pauvreté du sang induit souvent une grande fatigue. L’ortie active également la circulation périphérique, y compris au cerveau.

 

Eczéma, psoriasis

Dépurative du sang, elle aide à assainir autant la lymphe que le sang en diminuant l’acidité tout en régulant les facteurs inflammatoires. Avec des alliées sûres comme la paille d’avoine fleurie  et le trèfle rouge par exemple, elle complète bien un traitement assainissant de la peau.

 

Arthrite, goutte, urémie

 Diurétique, dissolvante de l’acide urique et autres calcifications pathologiques, elle fluidifie les liquides organiques et aide les reins à mieux remplir leurs offices si décisifs. Elle facilite également la réparation des fractures et aide la croissance osseuse, y compris chez les enfants.

 

Pellicules

Son taux élevé de soufre organique explique son action de contact contre l’hyperséborrhée, les micros-fungus du cuir chevelu et les pellicules.

En usage interne, on l’emploie en cures d’infusion ou décoction de plante fraîche. On peut aussi s’en frictionner le cuir chevelu matin au soir, pour fortifier la santé et stimuler la repousse des cheveux.

 

Prostatite

De récentes recherches germaniques et japonaises ont prouvé que sa racine est particulièrement efficace contre la prostatite. Elle inhibe même les anticorps PSA, diminue les mictions fréquentes et de plus, elle augmente le taux de testostérone. Par contre, il ne faut pas conjuguer l’ortie à une chimiothérapie  ciblée sur la prostate.

 

Autres interactions possibles

 L’ortie est déconseillée en même temps que les traitements aux immunosuppresseurs du genre anti-mitotiques, cortisone et-ou l’interféron dont elle inhiberait les effets. Il existe de très rares cas d’allergies chez les hypersensibles à l’acide formique et aux produits de l’abeille.

Déconseillée en début de grossesse à cause de ses effets possiblement  emménagogues, mais recommandée en mini doses avant l’accouchement et durant la lactation.


 

Autres usages 

 

Un tissu résistant 

L’ortie cardée et tissée donne une fibre si résistante qu’on en faisait des uniformes pour plusieurs armées, comme celle de Napoléon et des allemands durant la première guerre mondiale. Depuis des siècles, les artisanes teignaient en jaune doré virant vers le kaki, la laine, le lin et pourquoi pas l’étoffe d’ortie ?

 

Chlorophylle

Plutôt que la luzerne employée en Amérique du Nord, en Europe elle est cultivée commercialement pour sa chlorophylle qu’on retrouve dans divers aliments sous le code E 140 .

 

Fourrage enrichi

Une fois séchée, elle enrichit la plupart des foins d'été en minéraux et en protéines ; elle aide les bovins comme les chevaux à conserver des os solides et un pelage sain et brillant.

 

Purin d’ortie, un fertilisant inégalé

En agriculture biologique, on connaît et utilise depuis des siècles le purin d’ortie.  Pour le fabriquer, on fait  une macération d’un kilogramme d’ortie fraîche par dix litres d’eau de pluie, conservée près d’une semaine en baril au jardin avant de l’intégrer  à la terre au pied des plantes. C’est un phyto-immuno–stimulant reconnu particulièrement bénéfique dans les terres calcaires et pour les légumes-feuilles et racines. De plus c’est un fongicide et « prébiotique » naturel pour les plantes. L’ortie est une plante compagne rêvée pour les lamiacées aromatiques comme l’origan ou le thym dont elle augmente la teneur en huiles essentielles.

 

Seul bémol : l’intense puanteur dans les parages du baril fermenté.

En France, l’immense auteur et herboriste Bernard Bertrand, est le porte-étendard d’une campagne de défense appelée  la « guerre de l’ortie ». C'est devenu un symbole de la tradition agricole diversifiée contre l’hégémonie de l’agro-industrie pétrochimique et l’aveuglement  bureaucratique à courte vue. (Voir son site ci-bas)

 

Anecdote 

Durant les trop nombreuses guerres européennes, l’ortie constituait un aliment de survie qui a sauvé bien des enfants de l’anémie, comme me l’a confirmé de sa bouche, ma propre grande tante Louise née en 1887, et qui avait subi trois guerres!

Par ailleurs, il est écrit que Milarepa, le sage ascète tibétain dont ce fut un temps le seul aliment, lui devait son teint vert phosphorescent!

 


Références 

 

Des dizaines d’infos et liens fascinants sur l’ortie :

www.urticamania.over-blog.com

 

Site du formidable Bernard Bertrand, grand défenseur de l’ortie et des plantes sauvages en général, y compris la référence de deux livres consacrés à notre verte amie commune.

www.terran.fr

 

STINGING NETTLE by Kassie Vance

www.herballegacy.com.

 

Greeves, Mrs Maud  A modern herbal Dorset Press New York USA 1992, 912 pages

 

 

 

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 06:15

 

Tous les animaux herbivores raffolent de l'ortie sèche. Le cochon d'Inde n'y fait pas exception.

Il faut savoir en effet que, avec l'homme, c'est l'un des rares animaux à ne pas synthétiser la vitamine C. Celle-ci doit donc lui être apportée dans sa ration alimentaire. J'ai un voisin qui a gardé de nombreuses années un cochon d'Inde et ne lui donnait presque exclusivement que des endives. Je plains la pauvre bête ! C'est loin d'être un aliment complet comme l'ortie, qui elle contient les protéines, vitamines et minéraux nécessaires à notre survie.

 

Les lapins, eux, ne sont pas censés manger des orties. Pourtant, je connais un australien qui a eu un lapin nain nommé Pounder ; celui-ci se nourrissait de petite ortie verte (Urtica urens) ou ortie brûlante, réputée très piquante, et qui poussait dans son enclos. La photo figure dans mon livre Les vertus de l'Ortie. Pourtant, la langue du lapin n'est pas râpeuse comme celle du chat, mais plutôt délicate. On se demande comment il pouvait supporter ça.


616105922_bfbda384bb_b.jpg Lapin toy mangeant de l'ortie sur pied


 

Les vaches, elles aussi, ne consomment théoriquement pas d'orties fraîches, ni les chevaux. Pourtant, il y a des exceptions. Je pense que, lorsque l'animal éprouve des carences alimentaires, il surmonte sa répulsion naturelle envers cette plante urticante pour la broutter, afin de combler ses carences.

Mais peut-être quelqu'un a-t-il une meilleure explication ?


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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 17:03

 

Il existe plusieurs sortes d'orties en Amérique du nord, principalement les 3 suivantes :

La laportée du Canada ou ortie du Canada (Laportea canadensis)  est une cousine germaine de notre grande ortie, très commune sur toute la moitié-est du territoire nord-américain, de la Louisiane au Saskatchewan.Elle appartient à la même famille des urticacées que le genre Urtica.

 On trouve aussi une variante de Urtica dioïca, la sous-espèce gracilis (California nettle), aux feuilles très allongées et peu urticantes. On la rencontre dans presque tout le continent nord-américain, excepté la Floride, la Géorgie et la Caroline du sud.

Ces trois états constituent du reste le territoire de l'Urtica chamaedryoïdes, une espèce particulièrement dangereuse qui a tendance à se développer actuellement dans les exploitations agricoles de la région. 

 

A des degrés divers, les amérindiens ont tous utilisé l'ortie pour ses propriétés médicinales, comme aliment et/ou comme fibre textile. Les usages variaient d'une tribu à l'autre, mais certains reviennent plus fréquemment, comme l'utilisation de l'ortie pour soigner les douleurs articulaires. Ils l'employaient en urtication et s'avéraient particulièrement stoïques à la douleur.


En cas de rhumatismes, les indiens de la région de Vancouver se fouettaient la peau avec un bouquet d'orties fraîchement cueillies  au sortir de leur hutte de sudation.

Les indiens Thompson  se servaient de la décoction de racine d'ortie comme lotion capillaire, pour rendre les cheveux soyeux. Dans la même région de Vancouver, les Kwakiutl  se frottaient le crâne avec du jus d'orties pour éviter la chute des cheveux.

 

Les Lakota  et les Cherokee  utilisaient l'infusion de racines pour soigner les douleurs d'estomac.



Plusieurs tribus consommaient les jeunes pousses d'ortie crues ou blanchies à l'eau bouillante. Les Nitinaht  considéraient l'ortie comme un aliment fortifiant, les préservant de la maladie. Chez les Thompson , par contre, ce sont les immigrants chinois qui semblent les avoir incités à cette pratique.


L'urtication était utilisée par certaines tribus pour traiter la paralysie en fouettant les membres atteints. Provoquant une vasodilatation locale, l'urtication permet d'accélérer la guérison en améliorant la vascularisation.


Les indiens Cuna  du Panama utilisaient une ortie du genre Urera pour punir les délinquants. Ils se fouettaient également le dos pour soigner le mal d'estomac et les pieds pour guérir le mal de tête. On retrouve ici le principe dérivatif et rubéfiant des ampoules que l'on appliquait jadis. : on détourne la douleur en provoquant une inflammation extérieure sur la peau.


Les amérindiens connaissaient les propriétés reminéralisantes de l'ortie, puisqu'ils en donnaient à manger aux femmes enceintes. (Chez les Cree, la décoction d'ortie était servie aux femmes à l'accouchement pour éviter une hémorragie utérine). Cet usage a du reste été repris par les herboristes et naturopathes nord-américains.

L'ortie, écrasée fraîche ou saupoudrée sèche, servait aussi à guérir les plaies et éviter la gangrène.

 

Certaines tribus, comme les Chumesh , du sud de la Californie, tenaient la fibre d'ortie en haute estime. Ils l'utilisaient pour confectionner des lignes de harpon en fil tressé, qui atteignaient 70 mètres de long, requérant une quantité importante de matière première. Cela montre aussi la solidité de la fibre.

D'une manière générale, la fibre d'ortie était utilisée pour confectionner des cordes, des paniers, des lignes et des filets de pêche. Certaines tribus frottaient même leurs lignes de pêche avec de l'ortie, afin d'éliminer leur odeur corporelle. D'autres s'en servaient plutôt pour teindre leur ligne en vert et y incorporer une note de magie, censée leur procurer une pêche fructueuse.

Ce n'est pas un hasard si la fibre d'ortie a été utilisée pour la pêche partout dans le monde : elle a une résistance exceptionnelle à l'humidité.


Plusieurs tribus, parmi lesquelles les Cherokee , confectionnaient leurs cordes d'arc en fibre d'ortie. On retrouve du reste le même usage dans l'Himalaya, au Bhoutan.

 

 

 

 

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Published by ISISRET - dans Phytothérapie
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