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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 14:44

 

Question d'une lectrice :

 

Je me fais régulièrement des infusions concentrées d'ortie, soit 30 grammes d'ortie séchée pour 1 Litre d'eau bouillante tel que suggéré par Susan Weed herboriste américaine reconnue. Je bois ce litre sur 2 jours et je constate que la couleur de l'infusion devient de plus en plus verte même un vert aqua en dépit du fait que les plantes ont été enlevées. Cette couleur est-elle due à un phénomène d'oxydation du fer présent? Si oui, ce fer est-il toujours bénéfique et assimilable par l'organisme? Et que pensez-vous du ratio de 30g de plante pour 1 litre d'eau?

Sylvie

 

Votre question est intéressante.

Personnellement, je ne raisonne pas en poids, mais plutôt en volume. Cependant, en mettant des feuilles d'ortie sur la balance, je suis effaré par les quantités conseillées par Susan Weed. (Il faut toutefois être sûr qu'elle parle bien d'orties sèches et non fraîches, ce qui changerait la donne). En ce qui concerne la teinture-mère d'ortie notamment, le dosage conseillé par les herboristes américains est très important. Mais il faut être prudent, car plus un dosage est élevé, plus les risques d'effets secondaires sont présents. Et l'ortie n'est pas une plante complètement anodine. J'ai rencontré une femme qui l'utilisait à forte dose ; cela lui avait complètement bloqué les urines (oligurie). Par ailleurs, vous ne précisez pas la durée du traitement. A mon sens, un dosage aussi élevé n'est justifié que dans des cas très précis (forte anémie ou crise de goutte par exemple) et sous un strict contrôle médical.

En ce qui me concerne, je bois une grande tasse de tisane d'ortie tous les matins à raison d'une boule à thé de feuilles sèches broyées, soit environ 1 à 2 grammes. Je ne suis ni chimiste, ni herboriste, mais à mon avis le changement de couleur de la tisane qui noircit au bout de quelques heures est dû à un phénomène d'oxydation et doit donc être évité, comme je l'ai déjà signalé. Je suis donc opposé au fait de préparer de la tisane longtemps à l'avance, même en la conservant au frais.

On sait que certains composants de l'ortie sont instables et facilement détruits au séchage, à la lumière en particulier. Pour conserver à la plante le maximum de ses composants, il faut donc utiliser des feuilles d'excellente qualité (ce qui n'est pas si courant sur le marché) et éviter tout traitement qui pourrait altérer ces éléments.

Je connais mal Susan Weed, mais le peu que j'en ai vu sur Internet ne m'a pas convaincu. Je la trouve trop fantaisiste, même un peu "allumée". Elle est peut-être un peu chamane, mais le métier d'herboriste nécessite une grande rigueur. Cependant, il y a aux Etats-Unis de grands herboristes, non traduits en français et complètement inconnus en France. Je pense par exemple à John Christopher ou David Hoffman. Les femmes ne sont pas en reste, avec Kiwa Rose, Anny Schneider (québécoise) et surtout Henriette (finlandaise), l'une des plus grandes herboristes actuelles.

J'espère avoir éclairé votre lanterne.

 

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 09:49

 

J'ai reçu ce message qu'il me semble utile de publier ainsi que la réponse que j'y ai apporté :

 

J'ai fait un test sanguin récemment et j'avais un déficit en globules rouges (carence en fer) . On me recommandais du fer "assimilable" contenu dans la viande rouge (steack, rôtis ) . Est-il vrai que les végétaux contiennent du fer moins assimilable que celui de la viande ? Ou l'ortie est-elle un "champion toutes catégories" qui fait exception dans le monde végétal ? Bien à vous ! Serge.

 


Le fer végétal est parfaitement assimilable, à condition de ne pas consommer en même temps certains aliments contenant des substances anti-nutritives :

  • le thé (présence de tanins s'opposant au fer)
  • les céréales intégrales (présence de phytates, neutralisés par la germination)

Par ailleurs, il faut toujours associer la prise de fer à de la vitamine C pour faciliter son assimilation par l'organisme.

Dans l'ortie, on trouve à la fois du fer en quantité importante et de la vitamine C. Ceci dit, certains végétaux contiennent encore plus de fer que l'ortie, comme les algues, mais leur absorbtion en grande quantité est dangereuse du fait de leur forte teneur en iode. L'ortie est donc l'un des meilleurs reminéralisants, non seulement pour le fer, mais aussi pour sa richesse en zinc, en calcium, magnésium...

Pourquoi utiliser comme source de fer des abats (foie, boudin) bourrés de cholestérol et produits de la violence à l'égard du monde animal, alors que le fer végétal convient parfaitement, même si son assimilation est moins rapide ? Ce qu'il faut surtout éviter, c'est le fer minéral, non assimilable, tant qu'il n'a pas été transformé par la plante.

 

Pour lever tous vos doutes, je connais une femme qui a un problème d'assimilation du fer. Elle fait de l'anémie régulièrement. Je lui avais conseillé l'ortie, en tisane, en cure de longue durée (2 mois environ). C'est ce qu'elle a fait. Ses analyses ont montré un retour du taux de fer à la normale. Mais elle boit beaucoup de thé, et son anémie revient régulièrement. Le problème n'est donc pas aussi simple et nécessite d'avoir un point de vue global sur la question.

 

J'espère avoir répondu à votre question.

 


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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 18:03

 

Description

 

Le Neem (Azadirichta indica, littéralement « arbre libre ») est un bel arbre à feuilles persistantes d'une vingtaine de mètres de haut, souvent confondu avec le margousier ou lilas des Indes (Melia azedarach). Originaire de l'Inde, il a été implanté depuis un siècle dans tous les pays subtropicaux, à commencer par ceux d'Afrique noire. Il est souvent planté dans les cours des maisons, les parcs et jardins, au bord des routes et près des puits, pour procurer de l'ombrage aux femmes qui viennent puiser de l'eau. Le neem supporte la sécheresse et les fortes chaleurs - mais pas le gel - s'accommodant de tout type de sol. Il préfère cependant les sols sablonneux bien drainés. C'est un arbre à croissance rapide, qui peut atteindre 200 ans.

 

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Vieux neems sur le site archéologique de Hampi, Karnataka (Inde)

 

 

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Son feuillage amer, très riche en provitamine A, possède de nombreuses propriétés médicinales et chasse les moustiques. Le Mahatma Gandhi en prenait tous les matins sous forme de chutney ou de tisane, afin de fortifier sa santé.

 

 

 

 

Route bordée de neems à Badami, Karnataka

 

 

Neem (Azadirachta indica) in Hyderabad W IMG 6976 web

 

 

Les fleurs, à l'odeur suave, fleurissent au début du printemps et ne sont pas toxiques pour les abeilles qui les butinent.

 

 

 

  Neem en fleurs

Photo J.M. Garg Wikimedia Commons


 

 

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Les rameaux de neem, aux propriétés bactéricides, fortifient les gencives et servent de brosse à dent (datun). Ils sont vendus dans la rue par des jeunes, dont c'est souvent le seul revenu.


Photo Meena Kadri, licence Creative Commons (Flickr.com)


 

4838869846 3630a04aec b webPerroquet à crête jaune dans un Neem à Trinidad et Tobago

Photo de Peter Hanoomansingh©, avec son aimable autorisation


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Ses fruits, ressemblant à des olives, attirent les perroquets et autres oiseaux durant la mousson.


 Photo Kishore Bhargava Licence Creative Commons (Flickr.com)



IMG 1297 webDe leurs graines, on tire une huile à l'odeur désagréable, qui s'avère être un excellent répulsif contre plus de 200 insectes (termites, sauterelles, pucerons, chenilles, doryphores, larves de cafards...). De très nombreuses études scientifiques ont du reste été menées ces dernières années sur les usages de l'huile de neem contre les ravageurs des cultures. C'est de loin l'application du neem la plus répandue dans le monde. Pourtant, malgré ses services inestimables pour l'humanité, l'huile de neem est interdite en France...

 

Ci-dessus, huile de neem et feuilles de neem


Malheureusement, l'huile de neem - dont le prix a été multiplié par 20 en 20 ans du fait de la demande étrangère - est devenue inabordable pour les petits paysans indiens qui en faisaient l'utilisation. Précisons que cette huile fermente rapidement et ne se garde qu'un an au frais.

 

 

Une belle panoplie de propriétés

 

Cité dans les principaux textes sacrés de l'Inde (Ramayana, Mahabharata, Puranas), le neem est considéré par la médecine ayurvédique comme l'une des plantes majeures de sa pharmacopée. La liste de ses propriétés médicinales est du reste impressionnante, avec des vertus détoxicantes, immuno-stimulantes, anti-inflammatoires, fébrifuges, bactéricides, fongicides, anti-virales, anti-diabétiques, vulnéraires, vermifuges, anti-paludéennes et contraceptives.

Toutes ces vertus expliquent que le neem soit considéré en Inde comme une véritable panacée, vu les innombrables services qu'il rend.


IMG 1306 webDe plus, d'après des études récentes, « les extraits des feuilles de neem seraient un excellent agent immunomodulateur et réduiraient la croissance des tumeurs (Haque et al., 2006), notamment celles de la prostate (Kumar et al., 2006). Ils sont actifs comme agent antipaludique non seulement contre les souches qui sont susceptibles à la chloroquine mais aussi contre celles qui y sont résistantes. Ils réduiraient aussi la transmission du paludisme (Udeninya et al., 2006) ». (Pr. Ameenah Gurib-Fakim – Toutes les plantes qui soignent - éd. Michel Lafon, 2008).

 

Cependant, en usage interne, le neem ne convient pas aux enfants, aux femmes enceintes, aux personnes faibles, amaigries ou qui souffrent d'un excès de vata (ballonnements). C'est une plante plutôt froide et desséchante adaptée aux climats chauds et humides.


Le neem se révèle très efficace dans la prévention - et dans une moindre mesure dans le traitement - des maladies sexuellement transmissibles. Non seulement c'est un spermicide efficace (huile de neem), mais il permet de lutter à peu près contre toutes les MST : gonorrhée, syphilis, chlamydia, herpès génital, candidoses, cystites...et même le sida.

L'une des principales applications du neem reste malgré tout les maladies et parasites de la peau, qu'il soigne efficacement : acné, eczéma, psoriasis, gale, teigne, poux et même la lèpre. D'ailleurs, aujourd'hui, le neem rentre dans la composition de dentifrices, savons, et d'un grand nombre de produits cosmétiques, pour entretenir les cheveux en particulier.


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Dentifrice, savon, masque pour le visage, poudre de feuilles et huile pour cheveux au neem

 

 

 

Biopiraterie et relations nord/sud

 

Certains états se comportent en prédateurs, méprisant le savoir traditionnel empirique acquis au fil des générations et croient pouvoir déposséder un autre pays de son patrimoine en brevetant le vivant, au mépris de toutes les règles internationales.

Pour planter le décor, l'Inde a isolé en 1970 l'azadirachtine, l'un des principes actifs du neem, aux propriétés fortement insecticides. Cette molécule complexe n'a toujours pas été synthétisée, mais elle a cependant suscité la convoitise de grandes compagnies américaines, japonaises et européennes. Celles-ci ont déposés des brevets - surtout à partir de 1990 - en particulier sur un procédé d'extraction et de stabilisation de l'huile de neem. La levée de boucliers a été impressionnante en Inde, où le neem est l'un des 3 arbres sacrés. (Il existerait au moins 14 millions d'arbres Neem à travers le pays). Jusqu'à 500 000 personnes manifestèrent à Bangalore, en brandissant des rameaux de neem. Comme l'écrit Vandana Shiva : « L'arbre de village Neem est devenu un symbole du savoir indigène et de la résistance contre les compagnies, qui veulent exproprier cette connaissance à leur propre profit » (Third World Network).

W.R.Grace, l'entreprise américaine incriminée, soutenue par le Département Américain de l'Agriculture, ne reconnait pas le savoir traditionnel indien et voulait imposer toute une batterie de tests de sécurité sur le Margosan-O, sa « découverte ». Au contraire, la jurisprudence indienne ne jugeait pas nécessaire de déposer des brevets sur un savoir faisant partie intégrante de la culture du pays. L'Inde faisait valoir l'ancienneté de cette connaissance ancestrale et l'innocuité du produit.

Finalement, il a fallu 10 ans de bataille juridique à Vandana Shiva, leader du mouvement écologiste indien, associée à la fédération internationale d'agriculture biologique (IFOAM) ainsi qu'aux députés verts européens pour faire annuler le principal brevet.

 

Il faut dire que les États-Unis sont le seul pays à n'avoir pas ratifié la Convention pour la Diversité Biologique (CDB) signée par 175 pays. Cette convention, entrée en vigueur fin 1993, défend la souveraineté des états sur leurs ressources génétiques. Elle établit la notion de partage équitable, avec consentement mutuel des parties impliquées. Une compensation est prévue en échange du savoir transmis à l'étranger. L'attitude des États-Unis à cet égard s'apparente à un pillage du Tiers-Monde, digne de leur esprit impérialiste, sans faire preuve d'aucun dogmatisme en la matière.

 

Guy Kastler, chargé de mission à Nature et Progrès, observe – comme Jean-Marie Pelt – qu'une plante est un ensemble complexe (une centaine de molécules identifiées en ce qui concerne le Neem). Celles-ci s'équilibrent mutuellement, empêchant les insectes de pouvoir développer une résistance, contrairement aux substances chimiques de synthèse toxiques, souvent cancérigènes, voire tératogènes et rémanentes dans l'environnement. On comprend mieux l'avidité de ces compagnies, qui pensaient sans doute pouvoir s'approprier une connaissance à bon compte.

 

Mais le fond du problème n'est pas réglé. L'agrément des nouveaux produits phytopharmaceutiques est soumise à l'évaluation partiale des laboratoires. On a vu le résultat récemment avec les graves effets secondaires de certains médicaments. Ces produits dangereux sont malgré tout autorisés avec une AMM, sans que les effets à long terme soient analysés.

Au contraire, on veut imposer aux préparations naturelles de plantes, fruits d'un savoir-faire ancestral, les mêmes contraintes, sans possibilité d'amortir le coût des ces tests, ces préparations naturelles n'étant pas protégées par un brevet. Le jeu est donc faussé. Cette situation aboutira inévitablement à la disparition des ces savoirs traditionnels, remplacés par des technologies dangereuses dûment protégées par un brevet protégeant le monopole de leur inventeur (d'après Guy Kastler).

Certains se demandent si l'interdiction actuelle du purin d'ortie et de l'huile de neem ne constitueraient pas des mesures de rétorsion vis à vis de l'agriculture biologique, qui a osé s'opposer à une grande compagnie pour faire annuler son brevet en Inde.

 

 

Le lilas des Indes, cousin malveillant

 

Le neem (Azadirachta indica) est parfois désigné sous le nom latin de Melia azadirachta. Ce nom malvenu prête à confusion avec le lilas des Indes (Melia azedarach), qui a la même apparence, mais dont toutes les parties sont toxiques. Le neem n'a jamais tué personne, et les quelques décès d'enfant ou de chiens recensés concernent le lilas des Indes. Même des botanistes ou des médecins font parfois la confusion, tant les noms botaniques se ressemblent. Le lilas des Indes a été introduit il y a quelques dizaines d'années dans le sud des États-Unis, et désormais, il est devenu une espèce envahissante en Floride, menaçant la sécurité des jeunes enfants et des animaux familiers.

Cependant, il est possible de les différencier à tous les stades de la végétation :

  • Contrairement aux feuilles de neem qui sont amères, celles du lilas des Indes sont insipides,
  • Les jeunes feuilles de neem sont souvent rouges, ce qui n'est pas le cas de celles du lilas des Indes,  
  • Les fleurs et les fruits sont également différents, ce qui évite à priori la confusion pour des personnes averties. 

D'où la nécessité de s'approvisionner auprès de fournisseurs compétents pouvant garantir l'origine de la plante.

 

 

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Pas de doute. C'est bien du neem !

Photo de Pranav Yaddanapudi, Licence Creative Commons (Flickr.com)

 

 

2321757943 551c07b2ec b webArbre neem dans un village du Niger

Photo Acei Cheung, Licence Creative Commons (Flickr.com)

 

 

Au Niger, justement, où le neem a été introduit par les missionnaires dans les années 1920, le neem est devenu un arbre très populaire. Malheureusement, depuis 20 ans, cet arbre est atteint par une mystérieuse maladie qui le fait mourir. C'était le dernier rempart contre l'avancée du désert.

 

 

Ce blog est exclusivement consacré à l'ortie. Si nous avons pour la première fois fait une exception pour le neem, c'est que le sort de ces 2 plantes est étroitement lié, comme on peut le constater dans l'article : Action de désobéissance civique à la mairie de Montreuil   

 

 

 


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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 07:33

 

Beaucoup doivent s'interroger sur cet arbre, encore peu connu en France, dont il était question dans l'article précédent.

 

Cela fait longtemps que je m'intéresse au Neem. J'ai déjà réuni une bonne documentation, et j'ai décidé de publier un dossier sur ce sujet dans les semaines qui viennent sur Urticamania.

 

Donc patience. Vous allez découvrir que cet arbre est aussi important que l'ortie pour l'humanité. En somme, c'est un symbole fort auquel l'État français a décidé de s'attaquer pour protéger son industrie chimique.

 

L'action de mercredi à la Mairie de Montreuil n'était donc pas anodine !

 

 

La suite dans : Le Neem, arbre à " pharmacie du village "

 


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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 21:32

 

Présentation des faits

 

Ce mercredi 8 décembre 2010 avait lieu à la mairie de Montreuil (93) une action de désobéissance civique organisée par l'association pour la promotion des produits naturels peu préoccupants (ASPRO-PNPP) avec le soutien d'associations nationales et d'élus. Tous réclamaient à l'État français de légaliser les préparations naturelles comme le purin d'ortie et l'huile de Neem.

 

SNV82577 webPréparations naturelles peu préoccupantes


 

Des représentants des Amis de l'Ortie étaient présents, ainsi que de la Confédération Paysanne, des Amis de la Terre, de Nature et Progrès... La presse avait répondu à l'appel avec des équipes de FR3, de l'AFP, ainsi que des reporters de plusieurs agences de presse. 

 

 

Les intervenants

 

Après une rapide présentation de Jean-François Lyphout d'ASPRO-PNPP, la parole fut donnée à Guy Kastler, qui fit un remarquable exposé du problème.


On apprenait ainsi qu'un agriculteur bio, qui utiliserait du purin d'ortie pour traiter des plantes malades ou attaquées par des pucerons, n'aurait pas le droit de vendre sa production.

Les accords de Grenelle I prévoient que 20 % des repas de cantine servis en 2012 devront être bio, sauf que l'on empêche ceux qui cultivent des fruits et légumes bio de faire leur travail. On se trouve dans une impasse, les élus et l'administration se renvoyant la balle depuis 4 ans, quant aux responsabilités de cette situation bloquée.

En effet, en dépit des critères européens, qui autorisent une dérogation pour les extraits naturels de plantes, la France assimile ceux-cis à des produits chimiques de synthèse, exigeant une homologation coûteuse et inadaptée. Contrairement aux molécules chimiques, les extraits végétaux ne sont pas reproductibles et sont issus d'une tradition populaire ancienne.

C'est le cas par exemple de l'huile de Neem, très utilisée en Inde, qui soigne efficacement le psoriasis. Elle est aussi employée comme vermifuge. C'est un produit non toxique lorsqu'il est employé aux doses habituelles. Il en va de même chez nous avec le vin. Il faut savoir que des cargaisons d'huile de neem ont été saisies, alors que ce produit naturel est l'un des meilleurs remèdes contre les ravageurs des cultures, et peut éviter des famines en Afrique en éloignant les nuages de sauterelles. La réglementation française est donc bornée et inadaptée. Elle ne fait pas de distinction entre un nouveau produit et un produit d'usage traditionnel.

En conclusion, les procédures imposées actuellement en France détruisent les savoirs traditionnels.

 

Un autre représentant d'ASPRO-PNPP précisait ensuite que, contrairement à la France, l'Espagne admet une dérogation aux préparations végétales, auxquelles on n'impose pas les mêmes critères qu'aux préparations pharmaceutiques. Le comble, c'est quand la France métropolitaine considère l'huile de Neem comme toxique, alors que Wallis et Futuna (territoire français d'outre-mer) autorise cette même préparation. Cette grossière contradiction met nos bureaucrates mal à l'aise !

Dans le même temps, des substances chimiques très toxiques et pertrurbatrices endocriniennes ont reçu leur Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) et se retrouvent dans les rayons des supermarchés pour être vendues à des jardiniers amateurs...

 

Paysagiste et créateur du jardin d'orties de Melle (Deux Sèvres), Gilles Clément parlait ensuite de son expérience dans l'enseignement. Les lycées agricoles imposent en effet l'apprentissage de préparations chimiques toxiques, aucune alternative n'étant prévue aux traitements chimiques de synthèse jusqu'à présent dans l'enseignement. Heureusement, les choses commencent timidement à évoluer grâce à la pression des militants.

 

 

Des officiels se joignent à la rébellion

 

Pour finir, plusieurs élus s'affichèrent en receleurs avec leur flacon de purin d'ortie devant les caméras de la presse.


Anny Poursinoff, Députée des Yvelines (Europe Écologie - Les Verts), manifestait son inquiétude pour les générations futures devant l'envahissement de substances chimiques cancérigènes dans notre univers quotidien. Elle insistait sur la nécessité de protéger notre savoir, la dépendance envers les multinationales aboutissant à une perte de notre autonomie. La biodiversité étant par ailleurs menacée.

 

 Michel Bourgain, Maire de L'Île-Saint-Denis (93) se déclara ensuite partisan d'une cuisine végétarienne bio dans les cantines des écoles de sa ville.


 

5243959193 99a8538c61 b webDeux élus en conversation avec Guy Kastler (ASPRO-PNPP)

 

 

Joslène Reekers, élue en charge de l'Environnement et de la Nature à la mairie de Montreuil termina l'intervention.


Malheureusement, Dominique Voynet, Maire de Montreuil et ex-Ministre de l'Environnement, avertie trop tard de la manifestation, était retenue à son grand regret par une réunion de l'Association des Maires de France prévue de longue date. S'étaient également fait excusés : Yves Cochet, député vert de Paris, Noël Mamère et José Bové.

 

 

Application de substance illicite

 

Pour finir, un représentant de l'ASPRO-PNPP fit une pulvérisation illégale d'huile de Neem sur une plante du hall d'accueil de la mairie.

 

 

5244553960 de3d60f859 b webPulvérisation d'un produit interdit

 

 

Il faut préciser que, alors que les produits chimiques de traitement autorisés sont fortement toxiques et nécessitent une tenue réglementaire de haute protection avec masque, une pulvérisation illégale de purin d'ortie peut s'effectuer en bras de chemise sans protection particulière !

 

 

Épilogue

 

Faut-il y voir un présage ? À la fin de la réunion, la neige s'est mise à tomber à gros flocons bloquant la circulation en région parisienne, avec jusqu'à 10 cm d'épaisseur en grande banlieue.


 

 

Merci à Benjamin Sourice des Amis de la Terre pour ses photos.

 

 

Une autre action du même type a été organisée le 3 avril 2010 à la Mairie de Saint-Chamond (Loire). On peut lire un article et voir une vidéo à ce sujet sur le site de Bastamag.net link


 

Voir aussi l'article Le Neem, arbre à " pharmacie du village "

 



 


 

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 20:54

 

Les 3000 premiers exemplaires étant épuisés, le livre Les vertus de l'Ortie  sera à nouveau disponible fin janvier 2011 dans une version mise à jour.

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 23:00

 

Nous venons de reçevoir un e-book gratuit intitulé

" 5 utilisations surprenantes de l'ortie "

envoyé par intelligenceverte.org

 

texte : 11 pages, format PDF,

avec une recette de cuisine :

les poivrons farcis aux orties frites

 

Cliquer sur le lien suivant pour y accéder link

 

P.S. Ceux qui suivent régulièrement ce blog trouveront dans ce document une révision "grand public" de ce qui est écrit dans Urticamania.

Petite rectification cependant, ce n'est pas la feuille d'ortie qui est utilisée pour soigner l'hyperplasie de la prostate, mais la racine de grande ortie.

 


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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 21:08

 

 

Vient de paraître, le 22 novembre 2010

 

Virginie Péan, journaliste et créatrice culinaire, vient de faire paraître son premier e-book - entièrement gratuit  - sur son blog Absolutely Green.

 

Le livre, qui inclut trois recettes aux orties, s'intitule Cuisine française vegan .


 

CuisineFrancaiseVeganCouv

Il s'agit donc de cuisine végétalienne (sans viande, ni poisson, ni oeufs, ni produits laitiers). Vous vous demandez sans doute comment il est possible de préparer de la cuisine sans ces ingrédients, incontournables de la gastronomie française. Qui plus est la tradition gastronomique française vient d'être distinguée par l'UNESCO. Cocorico ! Mais il y a des combats d'arrière-garde qui sont perdus d'avance. Oui, pour ma part je suis convaincu que, dans une ou deux générations, on n'entendra plus parler de cette gastronomie fondée sur la viande et héritée du XIXème siècle. Il est parfaitement possible d'élaborer une cuisine goûteuse sans ces ingrédients qui s'appuient sur la violence à l'égard des animaux.


Dans le livre de Virginie Péan, on trouvera entre autres les recettes suivantes :

  • Pâté d'orties
  • Pain marguerite aux orties
  • Soupe sésame-ortie

 

Ce livre est téléchargeable en PDF sur Absolutely Green link 


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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 10:04

 

Aux amis de l'ortie, on s'intéresse principalement au purin d'ortie comme stimulant phytosanitaire du jardin, ainsi qu'à ses propriétés gastronomiques. On préfère oublier les services que l'ortie a rendu à l'humanité comme aliment de famine, comme si c'était une maladie honteuse. Or, c'est justement parceque l'ortie a sauvé nos ancêtres de la mort qu'ils ont vénéré cette plante. En effet, à de nombreuses reprises au cours de l'histoire, la nourriture est venue à manquer à la fin de l'hiver, lors de guerres ou autres évènements tragiques. L'ortie était alors le seul aliment disponible, avec quelques autres plantes sauvages de moindre qualité nutritive. Dans l'Europe du nord, où les hivers sont longs et rigoureux, on appréciait d'autant plus les jeunes pousses d'ortie en mars-avril, bien avant les premières récoltes de printemps. Il me semble que, pour cela, l'ortie mérite notre éternelle reconnaissance, car, qui sait si nous ne connaîtrons pas un jour la disette à notre tour. Et si cela devait arriver, nous serions bien contents de trouver des orties pour survivre.

 

Dawa Tamang est un népalais rempli de compassion, qui a consacré sa vie à la scolarisation d'enfants défavorisés. Il n'a pas oublié qu'à l'âge de 14 ans, il s'est perdu en montagne, et que, pendant 18 jours, il n'a dû sa survie qu'à la soupe d'ortie qu'il se préparait. Involontairement, il a marché sur les traces de Milarepa.


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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 18:54

 

Après avoir consacré un reportage à l'ortie en avril 2009, M6 s'intéresse à nouveau à cette plante avec un nouveau reportage ce mercredi 13 octobre 2010 dans son magazine 100% Mag.


On pouvait y voir le chef Jacques Thierry du restaurant Le Castelet  aux Andelys (Eure) décliner l'ortie sous toutes ses formes : en potage, en sauce pour accompagner le poisson, en sorbet avec une tarte aux fraises, en pâte de fruits, pour le plus grand régal de ses clients. La matière première ne coûte pas cher, il suffit de la récolter dans la nature. Curieusement, ce chef se trouve dans le même département que l'association des amis de l'ortie qui organise chaque année au printemps le festival Orties Folies. Nul doute qu'il a du y puiser une partie de son inspiration.


Suivait l'interview de Julien Duchesne, pharmacien à l'herboristerie Orlenis rue des Pyrénées à Paris (20e) vantant les nombreuses vertus médicinales de l'ortie. J'apporterai juste une rectification : le goût de l'ortie n'est pas comparable à celui de la mélisse, qui est une plante aromatique, beaucoup plus subtile et délicate. Mais cela n'enlève rien à la valeur de l'ortie, chaque plante ayant sa place dans la nature.

Par contre, il est vrai que, visuellement, les deux plantes se ressemblent. À ce propos, tous ceux qui ont un jardin devraient s'empresser d'y planter un pied de mélisse, une aubaine contre la neurasthénie. Mais la plante doit toujours être employée fraîche, le séchage lui faisant perdre toutes ses propriétés. À mon sens, la mélisse est l'une des plantes les plus précieuses sur Terre... après l'ortie, bien entendu. Son huile essentielle, souvent falsifiée avec de la citronnelle, est du reste la plus chère après celle de rose.

 

Lien vers le reportage de M6 link


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